La sapinette, le breuvage du randonneur
- yoannescape
- 23 avr.
- 3 min de lecture
Le printemps est là, et les bourgeons du sapin commence à sortir. Comment faire une bonne sapinette? Dèjà bien choisir son timing. Trop tôt, la récolte est laborieuse, trop tard, la sapinette sera amer dû au tannin et il faudra rajouter une coline de sucre...
Tout d'abord, choisir une sapinière, histoire de ne pas passer son temps à marcher au lieu de récolter. Sapinière?? oui, une forêt de sapin, et je dis bien sapin blanc ou sapin commun, Apies Alba dit le sapin!! Certain, comme je l'ai déjà entendu dire choisissent sans vergogne des bourgeons d'épicéa. j'appelle ça tricher et en plus cela devrait s'appelle de l'épecette, et non de la sapinette, vous voyez ce que je veux dire.
Bon, nous voici dans une forêt de sapin. A quelle moment cueillir ces petits trésors? Pour avoir une belle qualité, le timinig est serré. Mais l'avantage que l'on a en montagne, c'est que les bourgeons murissent plus ou moins vite selon l'altitude. Donc si vous ratez le coche, prenez de la hauteur, les sapins bourgeonneront plus tard. Avec 1000m de différence, vous pouvez récolter un mois plus tard qu'en plaine. Le moment propice est de récolter les bourgeons dès leur ouverture, lorsque le petit capuchon qui protège le futur rameau se découvre et laisse apparaître le bourgeon en train de s'ouvrir.

Lorsqu'il perd son capuchon, les défenses de l'arbre se mette en place. Les UV touchent les futures aiguilles et deviennent amères. Seul facon de lutter contre l'amertume est d'ajouter une grosse quantité de sucre. On perd alors ce côté astreingeant si spécifique au sapin. Perso, je ne les aime pas trop edulcorer, cela me fait penser à du sirop du commerce. Nous, ce que l'on veut, c'est qu'on ait l'impression de manger une bonbon de sève qui nous replonge dans cette forêt et son ambiance en un instant. de l'authentique SVP.
Gros conseil de récolte : Ne prenez pas tous les bourgeons, laissez en un ou deux aux extrémités. Pas de bourgeons, pas de future branche. Prenons le strict nécessaire et laissons la nature faire son oeuvre. L'année suivante, les sapins vous récompenseront avec plus de bourgeons.
Ensuite, chacun sa recette. Vous l'avez compris, je parle de qualité, de concentration, de sensation unique. C'est pourquoi je ne lésine pas sur la quantité de bourgeons pour un litre. 150 gr de ces petits bourgeons par litre à 40° d'alcool. 40 jours de macération et pas plus de 100gr de sucre au litre que je rajoute lorsque que j'ai filtré mes bourgeons. Mais comme dab, je perfectionne donc je compte 300gr de bourgeon pour 1l d'alcool à 96° (acheté en Italie ou Espagne). Le tout macéré 20 jours, filtré et la je rajoute mon sirop. Afin de diluer mon alcool pour atteindre 40°, il me faut ajouter 1,44l de sirop. Faites des math : 100gr de sucre au litre, pour un total de 2,44l (1l d'acool +1,44l d'eau), je rajoute donc 200gr de sucre à mon breuvage. Vous allez me dire de retourner à l'école des math... et vous auriez raison. Mais comme le sucre contien de l'eau et qu'on arrondi pour créer son propre secret de fabrication, au final, on s'y retrouve.
La principale difficulté est de ne pas trop macérer ces bourgeons. Bien qu'il ne soient pas trop chargés de tanin, plus vous les infusez, plus ce sera amer, et paf, vous rajouterez du sucre pour compenser. C'est subtil, mais certains diront que le côté astringeant sera plutôt violent. Mais la sapinnette est une boisson de randonnée. Rien de mieux pour reveiller le corps après un repas fait de charcuterie, pain et fromage. Croyez moi, cette astringeance sera votre meilleure amie d'après repas, le petit coup de fouet de la branche de sapin.
Je vous laisse à vos essais, et à vous de perfectionner la sapinette à votre goût. A dégustez avec modération. (?)
Commentaires